| Avant la rencontre, on savait que le vainqueur entrerait dans l'histoire. Si le Stade Français s'imposait, ce serait le premier sacre de Fabien Galthié comme entraîneur. Si Clermont gagnait, ce serait le premier titre du club, tout simplement, après sept finales du championnat perdues (1936 et 1937, 1970 et 1978, 1994, 1999 et 2001). Mais ces considérations historiques étaient bien anecdotiques sur la pelouse, entre les deux équipes les plus régulières de la saison régulière. Et surtout, deux formations aux capacités défensives extraordinaires, aux ouvreurs hors nomes (James côté Clermont, Hernandez côté Stade Français) et aux lignes de 3/4 capables de trouver des espaces dans n'importe quelle défense. Le début de match était plutôt enlevé, chacun tentant d'imposer sa défense, ce qui obligeait Brock James et Juan Martin Hernandez à dégager régulièrement leur camp au pied. Bien en place dans le secteur de la conquête, ce sont les Clermontois qui trouvaient les premiers l'ouverture, après un échec au pied de James puis un de Skrela. L'international français Vermeulen perçait le premier rideau défensif, trouvant Cudmore au soutien qui était stoppé, mais Rabadan se mettait à la faute. Le demi d'ouverture australien ne ratait pas la cible une seconde fois (20e, 3-0). Puis, c'est Marsh, pour le dernier match de sa carrière, qui trouvait la faille mais était repris à 15m par Jeanjean, bien placé (27e). Trois minutes après, Hernandez ne passait pas un drop des 35m et, pour une nouvelle faute au sol parisienne, James alourdissait le score (33e, 6-0). Enfin, après plusieurs charges des avants auvergnats, décid ément très en jambes, c'est Floch qui passait un drop des 25m (39e, 9-0). C'était le score à la pause, un avantage logique puisque le Stade Français a eu bien du mal à mettre son jeu d'attaque en place, et a surtout été dominé dans la plupart des phases de conquêtes, notamment en touches. Au retour des vestiaires, la donne était la même avec, dès le coup d'envoi, une touche perdue par les Parisiens sur leur lancer, et qui se mettaient à la faute. Le pied de James offrait un gros avantage (41e, 12-0). L'entrée en jeu coup sur coup de Parisse, Samo et Auradou semblait remettre du tonus au pack de la Capitale, qui bénéficiait d'une pénalité que ne ratait pas Hernandez (49e, 12-3). Dans la foulée, le Stade Français volait une touche clermontoise, H ernandez tapant à suivre pour lui-même, relayé par Liebenberg, entré à la place de Skrela, et par toute son équipe qui bénéficiait d'une nouvelle pénalité (52e, 12-6). Absent depuis le mois de février, Szarzewski prenait la place de Kayser à la 58e minute. Mais les Auvergnats reprenaient le large sur une nouvelle pénalité de James (59e, 15-6). Dominici relançait les siens en réalisant une feinte de passe puis en entrant dans la défense avant d'être pris par une cuillère de Canale (62e) alors qu'il arrivait dans les 15m. Mais cela offrait tout de même une pénalité à Hernandez (63e, 15-9). Toujours au coude à coude, les deux équipes ne parvenaient toujours pas à prendre le pas sur la défense adverse. Jusqu'à la 69e minute du match. Après plusieurs percussions du pack, à 5m de l'en-but, Pichot partait tout seul et applatissait le premier essai de la rencontre, que transformait Hernandez pour donner pour la première fois aux Parisiens l'avantage au score (69e, 16-15). Mais sur une faute de Roncero, Brock James redonnait la tête aux siens (73e, 18-16). Paris réagissait sur une superbe percée d'Arias, souffrant pourtant de crampes quelques minutes avant, qui était arrêté dans les 22m. Mais après plusieurs percussions, c'est Samo, en bout de ligne, qui applatissait le deuxième essai de la rencontre, le deuxième po ur le Stade, transformé par Hernandez (78e, 23-18). Comme en demi-finale contre Biarritz, le deuxième-ligne offrait l'essai de la victoire. Clermont ne pouvait plus réagir, et le Stade l'emportait. Après avoir dominé les débâts, le combat et une grande partie du match, Clermont échoue une 8e fois en finale dans son histoire, passant encore de peu à côté de soulever pour la première fois le Bouclier de Brennus. Pour Paris, c'est encore une victoire arrachée avec les tripes, et un nouveau titre au terme d'un match très serré, qui aurait pu revenir aux Clermontois tellement ils ont, durant la saison comme en demi-finale et en finale, prouvé qu'ils méritaient eux-aussi le titre. Cette finale était le dernier match pour deux monstres du championnat. A Paris, Mike James peut fêter cette consécration, et se projeter vers la Coupe du monde qui sera le dernier défi de sa carrière. A Clermont, Tony Marsh n'aura pas cette même chance de revêtir une nouvelle fois le maillot Bleu au Mondial. Et il n'aura jamais la chance de soulever le Brennus en tant que joueur. |
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