09 juin 2007

Rougerie un homme dans le match

Avec René Fontes, le président de la renaissance, et Vern Cotter, l'entraîneur kiwi qui a redonné la confiance en Auvergne, Aurélien Rougerie est sans conteste l'autre atout décisif du jeu de Clermont à la veille de la finale du Top 14 face au Stade Français samedi, au Stade de France. L'ailier international, qui à lui tout seul ou presque a fait basculer la demi-finale face à Toulouse, a pris une tout autre stature cette saison, responsabilisé par le brassard de capitaine et relancé par Vern Cotter.

Des statistiques au top!


Samedi, face à Toulouse, Aurélien Rougerie a inscrit son... 13e essai de la saison. Un bilan qui fait de l'ailier international le meilleur marqueur d'une saison où le Clermontois aura pulvérisé son meilleur bilan, lui qui, lors du dernier exercice, n'avait totalisé que six petites réalisations. Titulaire à vingt reprises, Rougerie, sans atteindre les sommets d'un Rupeni Caucaunibuca, auteur de 16, puis de 17 essais lors des deux saisons précédentes avec Agen, aura pesé de tout son poids dans le rendement offensif de sa formation, le meilleur du Top 14 avec... 79 essais. Longtemps catalogué, fort de son physique de déménageur, comme un simple passe-muraille, "Ro-Ro" a pleinement endossé cette saison le rôle de finisseur et même de "match-winner", celui qui à lui seul est capable de faire basculer une rencontre.

Rares sont les matches où l'ailier n'aura pas brillé avec notamment ce triplé qui, en mars dernier, participait à la victoire bonifiée (29-26) de Clermont à Narbonne, la première à l'extérieur de la saison toutes équipes confondues. Jusqu'à évidemment son chef d'oeuvre du Vélodrome, face à Toulouse, en demi-finale, où ses soixante mètres de course ont renversé la tendance d'un match qui semblait promis aux Toulousains menant alors (15-7, 54e). Une action exceptionnelle dont l'intéressé, en parfait capitaine, préfère reporter le crédit sur ses coéquipiers: "C'est un bon travail collectif sur une annonce établie à l'entraînement. On peut tirer un coup de chapeau au paquet d'avants qui fait un gros travail pour fixer les Toulousains. Brock (James) transmet à Gonzalo (Canale) qui essaie de travailler un peu. Il me donne le ballon assez rapidement. J'ai alors du champ et j'arrive à prendre à l'intérieur de justesse sur Cédric Heymans puis sur Clément Poitrenaud." Toulouse ne s'en remettra pas...
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L'influence de Cotter...

Si Aurélien Rougerie a pris une nouvelle dimension à Clermont cette saison, l'arrivée de Vern Cotter sur le banc n'y est évidemment pas pour rien. L'entraîneur néo-zélandais n'a pas hésité à responsabiliser un peu plus l'international tricolore en le confirmant dans son rôle de capitaine. Le processus de responsabilisation impulsé par l'entraîneur néo-zélandais auprès de l'ensemble de l'effectif a transfiguré Rougerie, le boute-en-train, pour en faire le joueur moteur, l'âme, le leader du groupe auquel son talent le prédestinait, lui, l'enfant de la région.

Au sujet de Cotter et de son influence, Rougerie ne déclarait pas autre chose à Marcoussis, lors du dernier Tournoi: "Il demande aux joueurs de se responsabiliser au maximum. Il nous demande de venir avant pour nous échauffer, quand l'entraînement est à 10 heures, ce n'est pas: tu viens à 10 heures, tu t'échauffes un quart d'heure et on commence. Non, tu t'échauffes individuellement et à 10 heures, on commence... Après l'entraînement, si tu n'as pas été bon ou si tu as eu un manque ou que tu as pas été bon le week-end d'avant sur tel ou tel secteur de jeu, c'est à toi de te prendre en main... Il te montre, si tu mets en place quelque chose, il viendra t'aider et t'épauler, si tu mets rien en place, il n'hésite pas à te le faire sentir..." Plus mature, l'Auvergnat adhère totalement à ce discours, celui qui faisait de toute évidence défaut à Clermont.
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La guerre des ailiers

Non content d'avoir changé la face de la demi-finale face à Toulouse par son essai venu d''ailleurs, Rougerie a de plus marqué des points essentiels en vue de la prochaine Coupe du monde et dans la lutte à distance ultra-relevée que se livrent les différents ailiers de l'équipe de France. Son cadrage-débordement pour effacer Cédric Heymans, puis son changement d'appui fatal à Clément Poitrenaud avant d'échapper au retour de Vincent Clerc, n'ont pu échapper à Bernard Laporte. Ecarté du dernier Tournoi au profit de Clerc et Heymans, Rougerie y avait été cantonné parmi les "Warriors" sans pouvoir participer à la victoire finale des Bleus. Une période qui, en d'autres temps, aurait pu le miner mais la perspective de retrouver un club en plein boom et la paternité - il est devenu papa de deux jumeaux la veille de Irlande-France - auront agi comme autant de baumes apaisants. "Je crois que j'ai plus d'enthousiasme, plus d'envie. J'ai l'envie de me régaler avec mes copains, c'est la base." Une envie qui, en finale, samedi, trouverait dès lors son plus beau terrain d'expression...

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